Jason Molina est un songwriter ultra-performant et très rapide. Capable de livrer deux albums en six mois alors que d’autres mettent six ans pour en produire un seul et cela avec le second de ses groupes (Magnolia electric co et songs :ohia). C’est certain qu’il ne faut s’attendre à ce qu’il mette au point de multiples nappes de guitares et sons numériques dans un tourbillon psychédélique et multicolore. Jason Molina n’a pas le temps, trop pressé de nous livrer ses dernières mélodies écrites, écorchées et souvent obsédantes. Il n’empêche qu’entre folk et rock électrique, « What comes after the blues », est un album qui a beaucoup d’ambition. L’ambition de redéfinir le rock d’après blues, genre quasi mort, soutenu sous perfusion par quelques labels merveilleux et courageux et par quelques groupes hybrides (Jon Spencer) ou ingénieux (The black keys). C’est dans l’électricité, que Jason Molina trouve une voie possible, une électricité impure et sale. Sur « What comes after the blues », Magnolia electric co se donne les moyens de son inaccessible ambition. Le résultat est largement probant, nous avons à faire à un disque rafraîchissant qui nous marque physique et mentalement. |